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Point d’information sur le virus SCHMALLENBERG réalisé par Françoise DION, vétérinaire conseil de Races de France (septembre 2012)

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Objet : Informations virus SCHMALLENBERG - message N° 29

 Bonsoir à tous,

 Un message pour vous préciser quelques points sur l’épisode en cours et les conséquences éventuelles de la circulation virale.

J’en profite également pour vous adresser une synthèse de l’épisode passé en petits ruminants.

 1)      Circulation virale actuelle et « SBV aigu » :

 Comme vous le savez, le SBV a probablement circulé et circule encore, notamment dans les départements ou zones où il n’avait pas circulé en 2011, et des interrogations remontent du terrain par rapport à la responsabilité du SBV dans certaines observations cliniques actuelles.

Un point a été fait en commun avec GDS France et la Plateforme nationale pour apporter les premiers éléments disponibles lors de ces suspicions, beaucoup trop de maux étant attribués au SBV !

 Il convient de bien distinguer :

  • les effets cliniques éventuels du SBV au moment de la circulation virale : « SBV aigu »
  • des effets différés dans le temps qui correspondent aux malformations qui ne sont visibles que plusieurs mois après la circulation, de l’ordre de 3 à 4 mois après cette circulation chez les ovins et 5 à 6 mois chez les bovins : « SBV congénital »

 Sur le plan clinique :

  • le critère de suspicion légitime du « SBV congénital » est le syndrome arthrogrypose hydranencéphalie (SAH) très caractéristique (qui a été la base de la surveillance des cas recensés, mise en place depuis janvier : jusqu’au 31 mai pour les ovins, et jusqu’au 31 août pour les bovins)
  • Concernant le « SBV aigu »:

-  ce qui est avéré, chez les bovins, ce sont, sur des adultes, des épisodes fugaces d’hyperthermie pouvant être accompagnés de baisse de production laitière et/ou de diarrhée. Ces épisodes semblent être inconstants et donc assez peu fréquents.

-   ce qui pour le moment n’a pas été mis en évidence mais qui apparait possible serait un effet du virus en début de gestation, provoquant retours en chaleur ou avortements.

-   ce qui interroge fortement serait un éventuel effet direct du virus, ou de l’hyperthermie induite, provoquant des avortements sur des animaux de fin de gestation.

Tous ces symptômes non spécifiques sont très difficiles à investiguer : une procédure de diagnostic différentiel visant à inclure les principales autres causes possibles est donc indispensable.

 La constatation de sérologies positives dans des élevages où l’on observe des symptômes, quels qu’ils soient, ne peut en aucun cas permettre de rapporter ces symptômes au SBV : les signes cliniques de « SBV aigu » sont peu spécifiques et peuvent être dus à de nombreux autres agents et, par ailleurs, une sérologie positive signe une infection ancienne (remontant dans tous les cas à plus de 10 jours) ; en effet, le virus circule ou a circulé probablement largement, et la plupart des cheptels ne signale aucune pathologie.

Les principales questions remontées par le terrain concernent des troubles de la reproduction :

-  La légitimité de suspicion de « SBV aigu » sur des séries de retours en chaleur ou d’avortements de début de gestation et les modalités de diagnostic qui pourraient être mises en œuvre.

-   La légitimité de suspicion de « SBV aigu » sur des avortements de fin de gestation.

 Ces points devraient être débattus cette semaine dans la cadre de la Plateforme nationale. Néanmoins, il convient d’ores et déjà de bien noter qu’une sérologie positive dans les jours qui suivent la mise-bas sur un animal avorté permet pratiquement d’exclure la responsabilité du « SBV aigu », dans la mesure où le délai de séroconversion est d’une dizaine de jours minimum.

 En ce qui concerne les avortements de fin de gestation, qui représentent la très grande majorité des avortements déclarés, des données partielles issues d’une enquête auprès des GDS semblent indiquer une augmentation des déclarations d’avortements cet été. Ce point est en cours d’expertise.

Par ailleurs, une étude rétrospective, permettant de voir si une observation similaire a été faite lors de la circulation virale 2011, a été menée très rapidement par l’Anses - Laboratoire de Lyon - sur les données de déclarations d’avortements enregistrées dans Sigal. Il s’avère que si la proportion d’éleveurs déclarants a augmenté globalement de manière significative dans l’ensemble des départements entre le 2ème semestre 2010 et le 2ème semestre 2011, cette augmentation n’a pas été plus importante dans les départements dans lesquels le SBV a le plus largement circulé en 2011 par rapport aux départements dans lesquels il a peu ou pas circulé en 2011. Ces résultats ne semblent donc pas en faveur d’un effet notable du « SBV aigu » sur les avortements de fin de gestation.

 2)      Bilan de la surveillance du « SBV congénital » chez les petits ruminants (janvier-mai 2012) :

 Un intéressant travail de synthèse a été réalisé par la Plateforme nationale, à partir des suspicions et des confirmations enregistrées pendant la période de surveillance des cas d’agneaux et chevreaux malformés ou présentant des troubles à la naissance, conséquences de la circulation virale de l’automne 2011 (SBV « congénital »).

Vous trouverez tout le détail en téléchargeant le document avec ce lien.

 Les principaux éléments à retenir :

-    L’incidence du SBV congénital paraît beaucoup plus faible chez les caprins que chez les ovins, sans que cette différence ne soit clairement expliquée pour le moment

-    Il est fort probable qu’un certain nombre d’élevages ayant fait l’objet de suspicions non confirmées biologiquement, soit des élevages réellement infectés (résultats d’analyses non remontés, défaut de sensibilité du diagnostic par PCR en raison de l’antériorité de la contamination de la mère) : confirmation uniquement de 62% des suspicions en ovins (25% en caprins).

-    La plupart des cas ont été recensés en février et mars (40% des cas en 2 semaines, entre le 20 février et le 4 mars), avec donc une contamination probable entre octobre et décembre. Mais les derniers cas recensés en mai pourraient signer une activité vectorielle toujours efficace en janvier.

-     Les premiers cas ont été identifiés en janvier en Lorraine et en Poitou-Charentes ; les deux zones correspondantes concentrent plus de 2/3 des cas recensés : la zone « nord-est » (17% des cas recensés dans 4 départements : 52, 54, 57 et 88), et la zone « centre-ouest » (46% des cas recensés dans 4 départements : 16, 36, 86, 87) : le nombre de cas observés dans cette zone pourrait être lié d’une part à l’importance du cheptel, mais aussi à la précocité d’introduction du virus (foyer ovin en Charente en janvier, faisant remonter la contamination à septembre)

-     En moyenne, dans les départements atteints, 4% des détenteurs d’ovins ont été concernés par des cas de SBV congénital, et on peut estimer que près de 10% des élevages de plus de 50 brebis ont été touchés.

 3)      Point sur les demandes des Pays-Tiers :

 Lors de la quinzaine écoulée, aucune évolution, juste une précision sur l’attestation complémentaire concernant les bovins reproducteurs destinés à la Tunisie : comme annoncée initialement suite aux rencontres en marge de la session générale de l’OIE, elle est identique à celle des bovins d’engraissement ; en résumé :

-    Cheptels de provenance ni atteints ni suspects (attestation véto)

-    Protection contre les vecteurs

-    PCR nég après 7 j de protection

Elle est en ligne sur Exp@don.

 Françoise DION

Vétérinaire Conseil de Races de France

 

 

 

 

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