Questions aux trois listes candidates aux élections régionale de la grande Normandie

11/12/15 - 18/12/15

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Réponse de M. Mayer-Rossignol:

Monsieur Le Directeur,

Vous m'interrogez pour le compte de votre journal "l'UNION AGRICOLE" à propos de plusieurs sujets.

Je tiens à vous apporter les éléments de réponse suivants.

 Concernant le PDRR, je souhaite rappeler en premier lieu qu'il s'agit d'un document qui donne un cadre stratégique d'intervention. Il a été élaboré collectivement à partir des orientations décidées par l'Union Européenne. En Haute-Normandie, (c'est aussi le cas en BN) ce document a fait l'objet de très nombreuses réunions entre les élus, les services de l’État et de la Région, et l'ensemble des organisations professionnelles agricoles représentatives. A l'avenir, ce document d'intervention pourra naturellement évoluer. Plusieurs closes dites "de revoyure" sont en effet prévues pour l'améliorer. Pour autant, il me semble prématuré de revoir ce document sur le fond alors même qu'il n'est pas encore entré en application. Je ne m'interdis pas de le faire si, en étroite concertation avec la profession, nous le jugeons nécessaire.

Concernant l'installation des jeunes, c'est l'une des grandes priorités. Je crois que deux axes doivent être suivis : garanties bancaires et caution des collectivités pour faciliter l'accès au foncier et les cessions de bail,  bonification des taux d'aide pour tout ce qui concerne la modernisation des bâtiments d'élevage.

En matière de modernisation, je souhaite que la priorité soit donnée à la modernisation des bâtiments d'élevage. La Région abondera les crédits européens en ce sens. Il en va de la compétitivité des exploitations. Des exploitations modernisées permettent de mieux produire. Elles permettent de produire avec des conditions de travail accrues. Elles sont aussi plus faciles à transmettre le moment venu.

Enfin concernant les différents "zonages", je pense important de les conserver et je ne souhaite pas leur extension pour l'instant. Je crois important de faire "une pose" sur le plan environnemental en cette période de grande incertitude économique. Je crois important aussi de conduire les évaluations et les bilans nécessaires avant l'instauration de nouvelles contraintes.  Les agriculteurs ont consenti des efforts gigantesques depuis bientôt 30 ans sur le plan économique et environnemental. La France doit se conformer aux règles européennes. Parfois, lorsqu'un cahier des charges l'exige, il faut parfois aller au delà du "prérequis" règlementaire pour accroître la valorisation de certaine production.

Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, à l’assurance de ma considération distinguée.

Nicolas MAYER-ROSSIGNOL

 

Réponse de M. Morin:

Question 1 : Souhaiteriez-vous modifier le contenu du PDRR de Haute-Normandie qui vient d’être validé par les instances européennes et si oui sur quels points ?

On constate un grave retard sur l’adoption de ce texte au détriment du monde agricole sur le déblocage des fonds. 

Contrairement aux autres régions, la majorité actuelle n’a pas instauré de plafond d’aides sur les MAEC. Le résultat est que 70% de l’enveloppe a été consommée : sur 13,2 millions d’euros, il ne reste plus que 4 millions d’euros pour aller jusqu’en 2020 ! 

La Région devra étudier cette situation et ne laissera pas de côté les agriculteurs. 

Question 2 : Quelles sont vos propositions concrètes vis-à-vis de l’installation des jeunes agriculteurs ?

L’avenir de l’agriculture normande passera par les jeunes agriculteurs. Il faut donc mettre tous les moyens nécessaires pour faciliter l’installation des jeunes, quelque soit le type d’exploitation. 

La transmission des exploitations est avant tout une transmission de savoir faire. L’élevage est un savoir qui se transmet de générations en générations. La Normandie étant une grande terre d’élevage, il faut aider les jeunes à s’installer et surtout leur donner des perspectives. 

Nous mettrons en place une garantie de loyer pendant cinq ans pour les propriétaires louant à un jeune. Au-delà, nous créerons un véritable label, une marque « Normandie » pour valoriser nos produits. Il faudra aussi encourager les entreprises de transformation à rester sur le territoire. 

Les inquiétudes sont importantes, et nous souhaitons y répondre concrètement pour qu’au-delà de l’installation, il y a ait les débouchés suffisantes et une pérennisation du tissu économique. 

Question 3 : Quelles sont vos propositions concrètes vis-à-vis de la modernisation et du développement des exploitations agricoles ?

Nous financerons la modernisation des élevages (bâtiments, robots de traite...) et renforcerons la compétitivité en soutenant la recherche, l’innovation et l’export. 

La modernisation ou l’agrandissement des bâtiments dans des zones humides ou des zones Natura 2000, par exemple, est rendue compliquée par les normes environnementales importantes. Une exploitation agricole est une entreprise. Il faudra certes préserver l’environnement mais aussi être très attentif au tissu économique. Ces arbitrages se feront au niveau régional, en associant l’ensemble des partenaires. 

La Région financera l’achat de robots de traite. Les contraintes de la traite, on le sait, sont importantes, il est donc importantd’appuyer ces investissements pour nos agriculteurs. 

Elle encouragera également la méthanisation, en soutenant les exploitations qui s’engageront dans un projet de méthanisation. Actuellement, les contraintes administratives sont d’une lourdeur insupportable. La Région travaillera sur la simplification administrative. Nous rendrons ces démarches plus simples et plus rapides, notamment via l’agence de développement économique que nous créerons pour le soutien à l’économie, qui rassemblera toutes les structures existantes. 

Nous investirons aussi dans les filières AOP/AOC/Bio, et aiderons à la constitution d’Organisations de Producteurs puissantes pour rééquilibrer le rapport de forces avec la grande distribution. Comme les autres filières, le Bio sera encouragé car il apporte une véritable plus-value pour l’agriculture normande. 

Question 4 : Dans le cadre des grands travaux et de l’urbanisation, souhaitez-vous instaurer la compensation agricole (individuelle et collective) et si oui comment ?

Pour tous travaux d’urbanisme, les emprises foncières sont à gérer avec le monde agricole. 

Le développement de l’urbain, mais aussi des infrastructures, impacte l’agriculture. Souvent, ce sont les meilleures terres qui sont ciblées avec un effet dévastateur sur les exploitations d’élevage. Il devient impossible a un éleveur de travailler en périphérie d’un centre urbain (cadre réglementaire, bâtiments, nuisances sonores, effluents d’élevage, mouvements des animaux, etc…), et de même pour les céréaliers (date et horaires de récoltes, traitements, boue sur la chaussé, poussière, etc…).

La gestion de cet accroissement de l’urbanisation doit se faire de façon collective.

Aujourd’hui, la SAFER a de plus en plus de difficultés à stocker du foncier pour le redistribuer dans le cadre de projets ambitieux. La fuite des éleveurs va impacter les zonesurbaines. C’est aussi pour cela que les compensationsfinancières ne sont pas l’alternative aux emprises foncières mais certainement plus l’échange de terres. 

Trop de terres sont laissées à l’abandon suite à une désaffectation de route, de zone industrielle, d’infrastructures, et ne sont pas remises en état naturel pour les réaffecter a l’agriculture. Ce sont parfois des milliers d’hectares ! La gestion du territoire doit donner un caractère d’urgence à cette problématique et les outils professionnels existants (SAFER, Chambres d’agriculture…) doivent être utilisés pour résoudre cette équation complexe. 

Question 5 : Souhaitez-vous le développement des zones à protéger en matière environnementale (Natura 2000, bassin d’alimentation captage, réserve naturelle de l’estuaire de la Seine) et si oui êtes-vous prêts à accorder une compensation financière aux agriculteurs concernés ?

Il ne faut surtout pas créer des contraintes supplémentaires qui se transforment en charges durables dans le temps. Nous devons faire confiance en nos agriculteurs qui n’ont pas attendu pour se moderniser et adopter une agriculture raisonnée. Il faut donc préférer les démarches volontaires.

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